Le HPE est devenu un phénomène. Beaucoup s’y reconnaissent : hypersensibilité, empathie profonde, intensité émotionnelle. Cette étiquette semble enfin mettre des mots sur un vécu intime, parfois difficile à expliquer.
Mais derrière cette popularité se cache une réalité essentielle : le HPE n’a aucun fondement scientifique reconnu.
Chez Atypie Conseil, nous défendons une approche rigoureuse : écouter les ressentis, oui mais s’appuyer sur des concepts validés, encore plus.
En ce mois de février, je vous propose un éclairage clair et structuré : 3 vérités scientifiques pour comprendre ce que recouvre réellement le HPE… et ce qu’il masque parfois.
Ce que le HPE prétend expliquer : une sensibilité réelle, mais mal interprétée
Les personnes qui se reconnaissent dans le HPE décrivent souvent :
Ces expériences sont réelles. Elles méritent d’être entendues, mais elles ne constituent pas un “haut potentiel” au sens scientifique du terme.
Malgré son attrait, le HPE est souvent un obstacle à une compréhension fine du fonctionnement émotionnel. Pourquoi ?
Parce que cette étiquette :
Ces freins ne viennent pas des personnes elles-mêmes, mais d’un concept flou, non reconnu, qui remplace une analyse rigoureuse par une narration séduisante.
Contrairement au HPI, il n’existe pour le HPE :
La comparaison avec le HPI est souvent ce qui entretient la confusion. Le HPI repose sur des tests psychométriques solides, capables de mesurer des performances cognitives, raisonnement, logique, vitesse de traitement, et de les situer par rapport à une norme statistique. On parle ici d’aptitudes objectivables, quantifiables, comparables.
Mais ce cadre n’a tout simplement aucune transposabilité au monde des émotions. On ne “mesure” pas une émotion comme on mesure un raisonnement. Il n’existe pas de bonne ou de mauvaise manière de ressentir, pas plus qu’il n’existe une échelle universelle capable de classer la complexité d’une vie affective.
Toute tentative de créer un “test émotionnel” censé identifier un haut potentiel relève davantage de l’interprétation subjective que d’une évaluation fiable. Les émotions ne sont pas des performances : ce sont des expériences humaines, riches, nuancées, impossibles à réduire à un score.
Les caractéristiques associées au HPE correspondent très souvent à des fonctionnements bien connus :
Il est tout aussi important de ne pas mélanger HPE et intelligence émotionnelle. L’intelligence émotionnelle, elle, appartient à un champ de recherche solide et reconnu. Elle ne décrit pas un “potentiel” inné ou une sensibilité exceptionnelle, mais des compétences concrètes, que chacun peut développer.
Il s’agit de la capacité à utiliser ses émotions de manière utile : mieux communiquer, désamorcer un conflit, prendre du recul, se motiver face à un défi. Rien de magique, rien d’inné : une pratique, un apprentissage, un entraînement.
Autrement dit : l’intelligence émotionnelle n’est pas un trait figé, mais une compétence évolutive. On ne “naît” pas avec, on la construit, on la renforce, on l’affine.
Adopter l’étiquette HPE peut être réconfortant… mais risqué.
“Le risque, c’est que certaines personnes se fassent embarquer par des discours séduisants mais hyper flous, une explication simple et valorisante qui évite une vraie compréhension du fonctionnement émotionnel et cognitif.”
Concrètement, cela peut conduire à :
Pour dépasser l’étiquette HPE, il faut :
Chez Atypie Conseil, nous travaillons sur :
Les études scientifiques convergent :
Le HPE n’existe pas comme catégorie scientifique. Les émotions, elles, existent et elles se travaillent.
Abandonner l’étiquette HPE, ce n’est pas perdre quelque chose. C’est au contraire ouvrir la porte à une compréhension plus juste, plus fine, plus utile de son fonctionnement émotionnel.
Et si la véritable quête n’était pas de trouver une étiquette… …mais de comprendre avec rigueur ce qui nous anime réellement ?
Hugues de Combarel
Fondateur et dirigeant d’Atypie Conseil