Le TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) fait partie des troubles du neurodéveloppement.
Il est défini par deux classifications médicales internationales de référence :
Ces deux ouvrages décrivent un ensemble de symptômes précis qui servent de critères pour établir un diagnostic médical. Ils ne décrivent ni un trait de personnalité ni un manque de volonté, mais un fonctionnement neurologique spécifique.
Les deux dimensions principales du TDAH :
Le TDAH repose sur deux grandes dimensions, qui peuvent être présentes ensemble ou séparément :
Le terme inattention est souvent mal compris. Il est fréquemment perçu comme quelque chose de négatif ou assimilé à un manque de concentration. En réalité, il s’agit surtout d’une difficulté à réguler l’attention.
Les personnes concernées peuvent avoir du mal à :
Dans un contexte professionnel, cela peut se traduire par des difficultés à travailler sur un dossier long, à suivre une réunion prolongée ou à rester concentré sur une tâche sans variation.
Le terme inattention est donc trompeur : il ne s’agit pas d’une absence d’attention, mais d’une attention difficile à moduler de façon flexible et durable.
Deux formes possibles de cette difficulté de régulation : Cette difficulté de régulation de l’attention peut se manifester de deux manières opposées :
Une attention basse ou dispersée :
L’attention passe rapidement d’un sujet à un autre, sur des temps courts. Le collaborateur peut alors être perçu comme distrait, peu investi ou « ailleurs », alors qu’il s’agit d’un fonctionnement attentionnel fluctuant.
Une hyperfocalisation :
À l’inverse, l’attention peut se fixer de manière très intense sur un sujet précis, souvent perçu comme intéressant ou motivant. Dans ces situations, la personne peut avoir des difficultés à décrocher, au point d’oublier de faire des pauses, de déjeuner ou même d’aller aux toilettes.
L’inattention dans le TDAH n’est donc pas un simple problème de concentration. Elle reflète avant tout une difficulté de gestion de l’attention, oscillant entre :
Trop peu d’attention et un trop-plein d’attention.
C’est cette variabilité, souvent invisible, qui peut générer des incompréhensions dans les contextes scolaires ou professionnels si le fonctionnement n’est pas connu ou pris en compte.
L’hyperactivité ne se résume pas à une agitation physique permanente. Chez l’adulte, et notamment en entreprise, elle se manifeste le plus souvent par une agitation interne.
Cela peut se traduire par :
Cette hyperactivité interne est souvent peu visible de l’extérieur, mais elle peut être très fatigante pour la personne concernée.
L’impulsivité correspond à une difficulté à freiner certaines actions ou réactions. Elle ne relève pas d’un manque de respect des règles, mais d’un défaut de régulation des inhibitions.
En contexte professionnel, cela peut se manifester par :
Dans certaines situations, cette impulsivité peut aussi conduire à des prises de risques, avec un impact potentiel sur la sécurité, les blessures ou les accidents du travail, selon les postes et les environnements.
Une grande variabilité selon les personnes : Les manifestations du TDAH varient fortement d’un individu à l’autre, tant :
Certaines personnes présentent principalement des difficultés d’attention, tandis que d’autres sont davantage concernées par l’hyperactivité et l’impulsivité.
Un point essentiel à rappeler :
Dans le TDAH, l’hyperactivité et l’impulsivité constituent une seconde dimension possible du trouble.
Elles peuvent être présentes seules ou associées aux difficultés d’attention, avec une intensité très variable selon les personnes.
Si certains comportements évoqués peuvent rappeler le fonctionnement de certains collaborateurs, il est important de souligner qu’un diagnostic ne peut être posé que par un professionnel de santé habilité.
Un diagnostic ne définit pas une personne. C’est avant tout un outil de compréhension, qui permet d’adapter l’environnement de travail lorsque cela est nécessaire.
Un environnement informé et formé favorise la coopération, limite les incompréhensions et permet à chaque collaborateur de s’épanouir professionnellement, en s’appuyant sur la complémentarité des fonctionnements.